Taxis : "Les entreprises s'asphyxient"
Ouadi Eskander, gérant d'une société de taxi de six salariés et président de l'Union nationale des taxis 69, décrit une profession au bord du précipice.
"Les entreprises sont en train de s'asphyxier, de s'épuiser, et certaines déjà sont contraintes de cesser leur activité. On a des exemples concrets dans l'Isère. Ça devient très compliqué. Il faut des mesures très urgentes. Sinon, les dépôts de bilan vont défiler."
Le carburant pèse tellement lourd sur la trésorerie que certains trajets ne sont même plus rentables.
"J'en arrive à refuser des courses. Rien que pour aller récupérer un client, ça nous coûte trop cher."
Salariés pénalisés, trésoreries en difficulté
Les chauffeurs doivent désormais venir chercher leur véhicule de service avec leur voiture personnelle, faute de pouvoir la garder chez eux comme autrefois.
La situation est telle que le chef d'entreprise envisage aussi de renoncer à remplacer un salarié partant à la retraite :
"Ça devient très compliqué de sortir les salaires à la fin du mois. On a plus de trésorerie, on s'en sort plus, tout devient cher."
Infirmiers libéraux : "Nos tarifs sont gelés, nos coûts explosent"
Laurent Guillot, infirmier libéral près de Lyon et président de la FNI du Rhône et d'Auvergne-Rhône-Alpes, confirme que la crise touche aussi les soignants.
"On est frappé de plein fouet. La première mesure phare demandée de la part de notre fédération nationale, c'est la mise en place d'un carburant professionnel exonéré de taxe, pour l'ensemble des infirmiers libéraux. C'est un dispositif qui existe déjà dans d'autres professions et qui permettrait de soulager durablement, sans alourdir les dépenses de l'assurance maladie. Ce serait un premier pas pour compenser l'explosion de nos coûts, alors que nos tarifs sur les déplacements sont gelés depuis des années. Pour mémoire, on est à 2,75€ le déplacement."
Un risque majeur : la sélection des patients par la distance
Pour les soignants, la continuité des soins est une obligation. Mais prendre de nouveaux patients situés loin du cabinet devient de moins en moins viable.
"Le coût du trajet dépasse parfois celui du soin. On va vers une sélection par la distance. Les personnes âgées, les patients isolés seront les premiers pénalisés."
Il alerte sur un risque structurel :
"Les infirmiers sont le dernier kilomètre du système de santé. Si ça continue, une partie de la population va perdre des chances de prise en charge. Qui assurera les soins à domicile dans les zones isolées ?"
Le gouvernement, fin mars, a annoncé des aides ciblées pour les gros rouleurs (transporteurs, pêcheurs, agriculteurs), mais pas d'aide directe pour les automobilistes.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu maintient par ailleurs sa ligne : les recettes fiscales supplémentaires liées à la hausse du carburant doivent servir à accélérer l'électrification de l'économie, et non à financer de nouvelles remises à la pompe.
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