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CONFINEMENT : "LA BOMBE À RETARDEMENT" DE LA SÉDENTARITÉ

Samedi 21 Novembre - 12:20

COVID-19


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La promesse de rouvrir prochainement les clubs de sport pour les mineurs va permettre de faire bouger des ados et des enfants qui s'enfoncent dans la sédentarité, véritable "bombe à retardement", mais aussi de cultiver un lien social hors de la classe et de la famille.


D'après une étude de l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité (Onaps), réalisée sur 28.000 personnes, "42% des enfants et 59% des adolescents" ont connu une "réduction alarmante de l'activité physique" pendant le confinement, "36% des enfants et 26% des adolescents" ont vu augmenter leur temps assis ou allongé.

"On sait que le niveau d'activité physique d'un enfant détermine sa santé à l'instant T mais également son niveau d'activité physique et sa santé dans le futur", explique à l'AFP David Thivel, chercheur en physiologie à l'université de Clermont-Ferrand, et membre du conseil scientifique de l'Onaps.

Donc, "restreindre l'activité physique chez les enfants, c'est aussi mettre un petit peu en danger sa santé future, si cela perdure dans le temps", résume David Thivel.

30% de baisse de licences chez les jeunes


"Un enfant qui ne bouge pas sera un adulte qui ne bougera pas", rebondit François Carré, cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes qui insiste aussi sur "la régularité" de l'activité physique, la comparant au brossage de dents: "si je me lave les dents sept fois le dimanche, est-ce que ça suffit? Non, il faut se les laver tous les jours !".

Car "la sédentarité est une bombe à retardement", explique ce médecin, qui évoque la survenue de diabète de type 2 chez des ados de 15 ans, une pathologie qui avant n'apparaissait pas avant les 40 ans.

À la rentrée de septembre, les clubs de sport ont rouvert mais malgré des protocoles sanitaires, gymnases, dojos et terrains n'ont pas fait le plein. "Il y a 30% de baisse de licences chez les jeunes", a fait savoir cette semaine Frédéric Sanaur, directeur de l'Agence nationale du sport (ANS). La moitié des 16 millions de licenciés ont moins de 19 ans.

Le reconfinement a de nouveau mis les clubs à l'arrêt. Seuls les cours d'EPS et l'Unss (Union nationale du sport scolaire), le badminton ou le hand du mercredi après-midi, continuent. Deuxième fédération en France, l'Unss est elle aussi touchée par la désaffection, avec une baisse de 31% des inscriptions.

Perte de capacité physique des collégiens


Depuis des années pourtant, de nombreux médecins alertent sur les dangers pour la santé d'une sédentarité croissante, dus à nos modes de vie. Les collégiens ont ainsi perdu 25% de leur capacité physique en 40 ans, rappelle M. Carré.

Les conséquences de longues heures passées assises sont en effet bien connues: surpoids, obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète mais aussi plus de stress, d'anxiété voire de dépression. Autre phénomène, rester assis devant son écran "modifie le contrôle nutritionnel", fait savoir M. Thivel. D'où le grignotage, et l'association ravageuse de la sédentarité et de la malbouffe.

Si les pouvoirs publics ont peu à peu pris conscience de cette question de santé publique notamment chez les enfants, difficile de changer les (mauvaises) habitudes, qui sont, souvent, celles des parents.

"Les clubs de sport sont le troisième lieu de socialisation après l'école et la famille", fait aussi remarquer Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération française de football (FFF), soulignant au passage l'importance "du lien intergénérationnel" existant dans les clubs.