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LE DOSSIER DU GUINÉEN MENACÉ D'EXPULSION ET SOUTENU PAR UNE BOULANGÈRE RÉEXAMINÉ

Mercredi 3 Mars - 06:42

Actu. locale


La préfecture de l'Ain à Bourg-en-Bresse - © Delphine Convert
La préfecture de l'Ain va procéder ce mercredi à un "réexamen rapide" du dossier de Mamadou Yaya Bah, un jeune migrant guinéen menacé d'expulsion pour lequel Patricia Hyvernat, une boulangère souhaitant le former en apprentissage était en grève de la faim pendant deux semaines.


"Mme Hyvernat a formalisé une promesse d'embauche auprès des services de la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, NDLR) vendredi dernier. Il s'agit d'une pièce essentielle prouvant la bonne intégration professionnelle de M. Bah", a indiqué la préfecture de l'Ain.

"J'ai l'espoir que tout va s'arranger", confie l'artisane installée avec son mari à La-Chapelle-du-Châtelard, un village de quelque 390 âmes. Le couple et leur futur apprenti sont reçus à la préfecture de Bourg-en-Bresse ce mercredi 3 mars pour y déposer une nouvelle demande de titre de séjour.

Fin de la grève de la faim


"Je vais arrêter ma grève de la faim", poursuit celle qui ne s'alimentait plus que de thé, café, bouillon de légumes et de jus de fruits et envisageait l'hospitalisation après avoir perdu 7 kilos depuis le 9 février.

Mamadou Yaya Bah, 20 ans, pourrait commencer sa formation en boulangerie dans les prochaines semaines au CFA voisin d'Ambérieu-en-Bugey, selon Mme Hyvernat, une fois obtenu un récépissé de demande de titre de séjour.

"Ça aurait été beaucoup plus dur pour moi de le voir repartir dans son pays que de faire cette grève de la faim. C'est la seule manière que j'ai trouvé pour qu'on se fasse entendre", explique la quinquagénaire à propos du jeune homme, qui selon elle est arrivé en France à l'âge de 16 ans après avoir quitté sa Guinée natale et avoir été emprisonné en Libye.



Prêts à lui transmettre la boulangerie


À La-Chapelle-du-Châtelard, les boulangers qui souhaitent prendre leur retraite dans trois ans et transmettre leur entreprise à leur futur apprenti se sont trouvés une vocation dans cette épreuve.

"On veut créer un lieu de formation pour jeunes migrants non scolarisés autour des métiers de la cuisine, de la boulangerie ou de la pâtisserie et en leur apportant un soutien psychologique. Justifier d'une formation leur permettrait ensuite de s'intégrer", explique la boulangère.