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LYON : DES VIRUS PRÉSENTS DANS L'EAU DES ÉGOUTS PEUVENT SAUVER DES VIES

Mercredi 20 Septembre - 18:11

Actu. locale


Microbiologiste dans un laboratoire - © Pixabay/CC
C'est une 1ère en France. Un traitement à base de phages a été mené aux Hospices Civiles de Lyon pour traiter des infections très graves.

On les appelle les phages ou bactériophages, ce sont des virus tueurs de bactéries. On les connaît depuis le début de 20e siècle, mais l'arrivée des antibiotiques les a relégués au second plan.

Seuls certains pays de l'est de l'Europe ont continué à pratiquer la phagothérapie. Elle soigne les infections. Ainsi, il arrive que des patients qui ont épuisé tous les traitement en France, se rendent en Géorgie pour éviter l'amputation.

Une solution face aux bactéries résistantes aux antibiotiques

La résistance aux antibiotiques est en passe de devenir une question de santé majeure. Des malades meurent d'infections car les antibiotiques n'ont plus d'effet sur eux.

Les Hospices Civiles de Lyon viennent de tester ces phages pour soigner avec succès deux patients qui avaient des infections osseuses très graves qui ne pouvaient plus cicatriser.

De quoi donner de l'espoir au professeur Tristan Ferry, médecin au centre de référence des infections Ostéo-articulaires de l'Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, où cet essai a été mené, " ça peut éventuellement venir remplacer des antibiotiques d'autant plus que l'antibiotique a des conséquences sur notre micro-biote intestinal, c'est-à-dire les bonnes bactéries dont nous sommes porteurs. Dans des situations plus compliquées comme des infections de prothèses, c'est un complément des antibiotiques pour nous aider à maximiser nos chances de succès".

Chacun de ces 2 patients a reçu un cocktail de phages sur mesure en fonction de la bactérie les infectant, fabriqué par un laboratoire spécialisé, Pherecydes Pharma .

Mais ce "médicament" coûte très cher à fabriquer. Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, il doit encore passer par des essais thérapeutiques pour démontrer son efficacité et sa non toxicité sur les patients. Dans le cas du traitement menés aux HCL, les médecins ont reçu une autorisation exceptionnelle.

Si on pense qu'environ 5% des personnes hospitalisées en France sont touchées par une infection nosocomiale qui provoquent 13.000 décès par an, on mesure l'espoir que fait naître la phagothérapie.

Reportage diffusé sur Télématin (France 2)


Retrouvé les photos dans le diaporama


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