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LYON : L'AFFAIRE FIONA REJUGÉE LORS D'UN QUATRIÈME PROCÈS

Lundi 30 Novembre - 18:00

Justice


La petite Fiona, portée disparue à Clermont-Ferrand. - © DR
Le quatrième procès de Cécile Bourgeon et de son ex-compagnon Berkane Makhlouf, jugés pour la mort en mai 2013 de la petite Fiona, débute ce mardi 1er décembre à Lyon, avec l'espoir de faire enfin toute la lumière sur le martyre de la fillette de 5 ans.


Plus de sept ans après le drame, ce nouveau procès en appel devant les Assises du Rhône - déjà reporté en janvier en raison de la grossesse de Cécile Bourgeon, puis en mai pour cause de crise sanitaire - devrait signer l'épilogue judiciaire de ce drame.

Mais il n'est pas certain qu'ils permette d'ici le 18 décembre de démêler le vrai du faux dans les dires des co-accusés et de déterminer les responsabilités de chacun dans le décès de la petite fille, dont le corps reste introuvable.

Le décès en 2013 de la fillette a dans un premier temps été caché par sa mère et son beau-père, qui ont fait croire pendant des mois à son enlèvement dans un parc de Clermont-Ferrand. Cécile Bourgeon, en larmes face aux caméras, avait alors bouleversé la France.

Le corps jamais retrouvé


Mais confronté aux contradictions mises en évidence par les enquêteurs, le couple de toxicomanes avait fini par avouer le décès de l'enfant à son domicile de Clermont-Ferrand puis reconnaissait l'avoir enterrée de nuit, à la hâte, dans un bois. Toutes les recherches pour retrouver cette sépulture de fortune ont échoué.

La tâche s'annonce ardue pour les jurés lyonnais qui pourraient en être réduits aux hypothèses en l'absence de corps.

"Je crois sincèrement qu'elle ne sait pas où sa fille est enterrée", explique à l'AFP l'un des avocats de Cécile Bourgeon, Me Gilles-Jean Portejoie, ajoutant qu'à l'époque le couple "vivait dans la recherche frénétique de produits stupéfiants".

Selon l'avocat, "la toile de fond de la toxicomanie est prépondérante" dans ce dossier.

Rebondissements judiciaires


En 2016, en première instance, à Riom, Puy-de-Dôme, Berkane Makhlouf était condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir porté des coups mortels à Fiona. Cécile Bourgeon écopait pour sa part de 5 ans de prison, notamment pour dénonciation mensongère.

Premier des multiples rebondissements judiciaires de ce dossier, le procès en appel au Puy-en-Velay, devant les Assises de Haute-Loire, tourne court en octobre 2017, autour d'accusations de subornation de témoin.

Le deuxième se déroule en février 2018. Les deux accusés sont alors condamnés à 20 ans de réclusion criminelle pour coups mortels aggravés sur Fiona.

Mais la Cour de cassation casse ce verdict en février 2019. Dans son arrêt, la plus haute juridiction française explique sa décision par l'absence de motivation du rejet de la demande de renvoi du procès formulée par Cécile Bourgeon, après un apéritif polémique partagé par le président de la cour d'assises avec des avocats de la partie civile.

"On revient donc à la case départ de la première instance", souligne Me Jean-Félix Luciani, l'avocat de Berkane Makhlouf. Écroué depuis septembre 2013, son client vient de voir sa demande de mise en liberté rejetée jeudi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon.

Cécile Bourgeon comparaît libre


De son côté, Cécile Bourgeon, qui a purgé sa peine initiale de 5 ans, avait pu quitter la prison de Lyon-Corbas dès l'arrêt de la Cour de cassation. Pour la première fois, celle-ci comparaîtra donc libre aux Assises.

La mère de Fiona vit désormais près de Perpignan où elle s'est mariée en décembre 2019 avant d'accoucher en février de son quatrième enfant, une petite fille placée par la justice dès sa naissance.

La ligne de défense de Cécile Bourgeon reste la même selon ses avocats : elle assure ne jamais avoir levé la main sur sa fille.

Dans son réquisitoire, en février 2018, l'avocat général avait estimé que l'ancien couple "tortionnaire" avait agi de concert dans la mort de la fillette, victime d'une "violence continue" pendant "les jours et les heures précédant sa mort".

Pour l'un des avocats du père de Fiona, "ce dont on est sûr, c'est qu'avant de mourir, cette petite fille a vécu l'enfer".

Les accusés encourent jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.