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LYON : QUATRE MILITAIRES JUGÉS APRÈS LE DÉCÈS DE SIX LÉGIONNAIRES EN SAVOIE

Jeudi 10 Octobre - 13:12

Actu. locale


Valfréjus, en Savoie - © Wikipedia
Quatre hommes gradés sont jugés ce jeudi et vendredi à Lyon, après la mort de six légionnaires emportés par une avalanche en 2016 à Valfréjus, en Savoie.


Les faits remontent au 18 janvier 2016. Ce jour-là, 51 militaires du 2e régiment étranger de génie (REG) de Saint-Christol (Vaucluse), qui appartient à la 27e Brigade d'infanterie de montagne (BIM), participent à une sortie à ski de randonnée dans le cadre d'un stage destiné à leur apprendre les bases du déplacement en montagne et en terrain enneigé.

A la mi-journée, 18 soldats sont emportés par une avalanche de 400 mètres de large sur 300 mètres de dénivelé. Parmi eux, cinq légionnaires - un Albanais, un Malgache naturalisé Français, un Italien, un Moldave, un Népalais - meurent sur le coup. Un sixième, un Hongrois, succombera à ses blessures une semaine plus tard.

Âgés de 21 à 33 ans, ils devaient partir en mission au Tchad, au Mali et en Centrafrique. Sept autres soldats ont été blessés.

Une mauvaise appréciation des risques

Le jour des faits, Météo-France affichait un risque d'avalanche "marqué" de 3 sur une échelle de 5, notamment dans le type de pente raide où le groupe s'était engagé, sous le col du Petit Argentier (2.599 mètres).

La justice reproche notamment aux quatre responsables de l'expédition, poursuivis pour homicides involontaires et blessures involontaires, "une connaissance insuffisante du secteur de Modane-Valfréjus", "l'absence de consultation" des guides locaux, "un manque de préparation partagée de la course en montagne" ou encore "une considérable erreur de topographie".

"Il s'agit de gradés qui ont commis un certain nombre d'imprudences techniques mais qui avaient aussi une certaine conception de la discipline, une conception un peu caricaturale", avait estimé en septembre l'avocat de deux soldats blessés, parties civiles, Me Jean-Michel Quillardet.

"Ces faits ont eu un profond retentissement au sein de la Légion", a déclaré l'avocat de deux militaires mis en cause, Me Julien Pinelli, qui a par ailleurs dénoncé des "poursuites infondées" à l'encontre de ses clients qui n'étaient "pas en charge du suivi du parcours".