Écartés en juin dernier, ils récupèrent leurs délégations sur décision de la présidente Véronique Sarselli. Dans un communiqué, cette dernière affirme avoir tranché "pour l'institution et le territoire", tout en rappelant aux élus concernés leurs obligations de "loyauté, solidarité, travail collectif et respect de la parole de l'institution".
Jean-Michel Aulas fait son mea culpa
Jean-Michel Aulas, qui contestait depuis plusieurs mois sa mise à l'écart, reconnaît de son côté que son "appréciation initiale de la situation n'a pas été pleinement adaptée" et que certaines de ses réactions "n'ont pas toujours été opportunes".
Cette décision intervient dans le contexte d'une affaire qui a secoué la campagne municipale lyonnaise.
Une jeune militante avait porté plainte contre le directeur de la communication de la campagne de Jean-Michel Aulas pour viol sous soumission chimique. Elle avait indiqué avoir alerté plusieurs responsables de l'équipe dès février, dont l'ancien président de l'Olympique Lyonnais.
Le collaborateur visé, qui conteste les faits, n'avait alors ni été suspendu ni écarté de ses fonctions. Jean-Michel Aulas a toujours affirmé avoir agi dans le but de protéger la jeune femme.
Les socialistes dénoncent des "arrangements politiques"
La réaction virulente du groupe Socialiste et Place publique à la Métropole n'a pas tardé à arriver.
Dans un communiqué intitulé "À la Métropole, la droite a autant d'éthique que de programme", les co-présidents du groupe, Sandrine Runel et Cédric Van Styvendael, estiment que "les calculs politiques ont primé sur l'intransigeance indispensable face aux violences sexistes et sexuelles".
Les élus jugent incompréhensible cette réintégration alors qu'"aucun élément nouveau n'est intervenu dans la procédure judiciaire" depuis la suspension décidée en juin.
Pour eux, cette décision "porte un coup à toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles et à l'institution" métropolitaine.
"La parole des femmes vaut mieux que ça"
Les élus socialistes reprochent également à Véronique Sarselli de consacrer le début de son mandat à des enjeux politiques internes plutôt qu'à l'action publique.
"Nous sommes consternés", écrivent-ils, estimant que la première décision marquante prise sur le sujet des violences sexistes et sexuelles depuis juin est précisément la réintégration des trois vice-présidents.
"La parole des femmes vaut mieux que ça. Elle vaut mieux que les arrangements politiques et les intérêts personnels", poursuivent Sandrine Runel et Cédric Van Styvendael.
Les écologistes également critiques
Les élus écologistes de la Métropole de Lyon ont eux aussi dénoncé cette décision.
Dans une déclaration transmise aux médias, Renaud Payre et Fanny Dubot considèrent que cette réintégration illustre "le manque d'éthique de la droite métropolitaine" et un "manque de considération pour la victime".
Ils regrettent également qu'aucune mesure concrète de lutte contre les violences sexistes et sexuelles n'ait été mise en œuvre depuis les révélations de cette affaire, en dehors de l'annonce d'une mission sur le sujet.
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