Si elle n'a jamais dépassé les 2% des voix, elle continue de vouloir porter la voix des travailleurs.
Psychologue à l'hôpital Sainte-Marie, dans le quartier de Croix-de-Neyrat, Marie Savre vient d'une famille de militants.
Pour Clermont-Ferrand, elle porte un programme national, qu'elle régionalisera si elle est élue le 22 mars prochain.
Mesure phare : la mise sous contrôle de toutes les entreprises
Radio SCOOP : quelle est la mesure phare de votre programme, celle qui pourrait changer le quotidien des Clermontois ?
Marie Savre : "La première chose qu'on imposerait, c'est la mise sous contrôle de toutes les entreprises. Une sorte de mise sous tutelle où vraiment les travailleurs eux-mêmes dirigeraient directement les entreprises en posant la question "où va l'argent ?"
Je prends l'exemple de Ryanair à Clermont-Ferrand (la compagnie vient d'annoncer son départ de l'aéroport de Clermont-Ferrand, NDLR). Ça fait deux fois qu'ils font le coup. C'est une compagnie aérienne qui est déjà venue s'installer, qui a touché des aides de la part de la région, de la part des collectivités territoriales et qui s'en va, du jour au lendemain, sans demander quoi que ce soit. C'est la même chose pour Auchan, par exemple, puisque Auchan Nord a fermé du jour au lendemain aussi. Donc c'est vraiment la mise sous contrôle par les travailleurs pour dire "Bon, attendez, est-ce qu'Auchan Nord n'est pas rentable ? Si c'est non, donc pourquoi on ferme ? Si vous voulez partir, vous partez, on garde les capitaux, on fait tourner le magasin. On se débrouille par nous-mêmes".
"On dit aux ouvriers de Michelin de reprendre le contrôle de l'entreprise"
Quel est le thème prioritaire que vous voulez défendre lors de ce mandat ?
"Nous, on se présente pour le camp des travailleurs "Lutte ouvrière" pour affirmer que dans la société, il y a deux camps fondamentalement opposés : d'un côté, les riches, les milliardaires et les bourgeois qui ne cessent d'augmenter leur fortune et, de l'autre, le camp des travailleurs.
On se présente surtout pour affirmer les idées de notre camp par rapport à la situation internationale, parce que les mairies sont dépendantes du budget de l'État, lui-même dépendant de la situation internationale. Donc là, c'est suspendu à la situation de guerre. On discute beaucoup de ça en ce moment et nous pensons que l'on porte des idées qui seraient capables de s'opposer à la marche à la guerre."
Donc ce n'est pas un programme régional que vous proposez, mais un programme national que vous adapteriez à Clermont-Ferrand ?
"Bien sûr, ça veut dire que nous, quand on prend l'exemple des multinationales, on se sert de Michelin parce qu'on habite ici. On voit une entreprise qui déclare trois milliards d'euros de profit, un milliard pour les actionnaires qui n'augmentent les salaires que de 1% pour les ouvriers et de zéro pour les cadres et les techniciens.
Et on sait très bien, Michelin a fait ses affaires pendant les deux guerres mondiales précédentes en fabriquant des avions, fabriquant des obus. Là, aujourd'hui, ils pourraient très bien décider de fabriquer des drones, tout ce qu'il y a à faire pour l'industrie de guerre, qui va certainement se mettre en place.
Donc nous, on dit aux ouvriers, aux salariés, aux techniciens, aux employés de chez Michelin qu'il faut reprendre le chemin de la bagarre et contrôler cette entreprise, c'est-à-dire prendre le pouvoir et exproprier ces capitalistes."
"On appellera à la mobilisation des travailleurs"
Si vous êtes élue maire de Clermont-Ferrand le 22 mars, quelle est la première chose que vous feriez ?
"La première chose, c'est qu'on en appellera à la mobilisation des travailleurs. Parce que sans eux, on ne peut rien faire, sans tous ces gens qui, tous les matins, se lèvent, travaillent, œuvrent pour que tout ça tourne, nous ne sommes pas grand-chose. Donc, on fera appel à eux justement pour intervenir.
Je prends l'exemple du logement. Dans la commune, j'ai appris au cours d'un débat qu'il y avait 12.000 personnes qui cherchaient à se loger, mais qui n'avaient pas de logement. Et dans le même débat, j'ai appris qu'il y avait 14.000 logements vides sur Clermont, de propriétaires privés. Il y a une loi qui pourrait permettre de s'accaparer ces logements vides. Elle n'est jamais appliquée. Donc moi, j'en appellerais à la population directement dans les quartiers, de faire le recensement de tous ces logements et puis d'aller les réquisitionner eux-mêmes. C'est par le bas que j'envisage les choses."
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